Rencontre avec Victor Alarçon

Rencontre avec Victor Alarçon

portrait de Victor Alarçon, 2020

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Comment et quand as-tu commencé à travailler la terre ?

Il y a une dizaine d'années, je fais la connaissance du milieu potier. C'est à travers ce monde chaleureux que je commence à m’intéresser à l'argile.  J'entreprends alors une formation technique, un DMA céramique et débute le tournage chez Jean-Nicolas Gérard. D'abord installé dans un atelier tremplin à Antibes, je repars pour une formation à la maison de la céramique de Dieulefit où je développerai de nouvelles gammes colorées et m'efforcerai de déconstruire mes formes.  

Après avoir passé du temps chez Brigitte Pénicaud, je rejoins la Bourgogne où je suis installé depuis deux ans dans un petit village proche de Cluny. Dans le collectif de la Fourmilière où je partage ma vie avec quatre autres céramistes.  

 

Peux-tu nous partager ton outil favori ?

Je suis souvent à la recherche du mouvement dans ma céramique et pour cela mon outil premier est le tour, la plupart des formes naissent dessus avant de continuer à la main. Le tour c'est l'outil qui concentre ma pratique dans l'univers de la poterie.

 

Es-tu collectionneur ?

Je m'aperçois que j'ai de plus en plus de belles pièces qui m'entourent au fil des trocs et des rencontres, je commence effectivement ce qu'on pourrait appeler une collection. La dernière pièce qui s'est installée à la maison c'est une petite bouteille cuite au bois d'Audrey Barbes. Et en ce moment, j'ai envie de peinture, j'hésite encore entre John Bokor et Hélène Drenou, dont j'ai déjà quelques dessins. Peinture qui reste ancrée dans l'univers du pot.

 

Peux-tu me parler d’un(e) céramiste que tu apprécies particulièrement ?

Si je dois parler d'une céramiste, ce serait de Brigitte Penicaud, au-delà de la liberté qu'elle s'est octroyée dans la céramique à un moment où les codes étaient encore bien présents, c'est sa force, qui ne laisse pas indiffèrent. J'ai l'impression qu'elle est en lutte permanente avec les éléments que ce soit avec le feu dans son noborigama, ou avec la terre de son jardin. Dans ces décors elle a une gestuelle libre qui vient du fait qu'elle ne lâche rien de ce qu'elle est.

On a certaines de ces grandes pièces accrochées sur les murs à la maison et jamais elles n'ont cessé d'être puissante. Pour moi son œuvre est encore avant-gardiste et le restera.

 

Quelle est ton approche de la forme et de la couleur ? 

L’utilitaire est pour moi un motif. Je pars de la mémoire pour construire les pièces, m’inspirant autant des pots en marbre de style Médicis que des dessins d’enfants, ou encore des univers fantasmés par Moebius.

Pour les formes, je fais des croquis un peu débraillés qui me donnent des pistes que je développe ensuite directement sur la terre. La couleur je la pense au moment du façonnage, lorsque les déformations apparaissent. Ce sont les lignes émergentes qui déterminent les décors. La matière s'exprime d'abord, et je l'observe pour voir ce qu'elle me propose.

Je fais de la recherche d'émail en continu, pour que les décors soient en mouvement constant et parce que ça me plaît !

 

Est-ce que tu peux nous parler de ta pièce fétiche en ce moment - au sein de ton propre travail ?

La dernière pièce où je me suis dit: ça c'est canon, c'est un vase en porcelaine que j'ai fait assez récemment. Un socle modelé a la main avec un corps tourné comme une tornade. Je lui ai rajouté une coiffe un peu folle agrémenté de petit point rouge. On dirait un fétiche qui s'est retrouvé dans un rayon de jouet club.

 

Tu développes des liens avec Moly Sabata depuis plusieurs mois - peux-tu nous en parler davantage ?

Il y a quelques mois j'ai rencontré Joël Riff qui préparait une exposition un peu particulière pour Moly et il m'y a invité. Cet évènement est une exposition/vente qui se déroulera du 19 septembre au 1er novembre 2020 . Elle réunit des artistes céramistes autour de l'idée du foyer, un lieu de rencontre d'échange et surtout d'accueil. A différents intervalles nous nous sommes réunis pour échanger sur notre pratique liée à la terre tisser des liens entre nous mais aussi avec les riverains autour de cuissons au bois, repas à partager. L'exposition va être le résultat d'une production développée sur cinq mois avec une scénographie changeante au fil des ventes.

 

Peux-tu partager avec nos lecteurs ta playlist en ce moment à l'atelier ?

L'atelier de Victor Alarçon, près de Cluny, en Bourgogne

A l'atelier, le son est en continu, quand on n'écoute pas les pieds sur terre ou LSD, c'est de la musique.

Voila ce que l'on peut entendre depuis la rue quand on passe chez nous : 

- Adult - Nite Life

- Jonathan Bree  - Love me too

- Alphex Twin - Windowlicker

- The B52's - Lava

- Kim Gordon - Sketch Artist

- Mathilde Fernandez - Mon dieu

- Vive La Fete - Je ne veux pas

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